LE PREMIER MINISTRE ENTERRE LES ETATS GENERAUX DE LA DEMOCRATIE
Il [Mohamed Ould Abdel Aziz NDLR] a tenu à souligner « l'engagement du Haut Conseil d'Etat, à respecter les décisions et les recommandations qui feront l'objet d'accord de la part de la majorité des participants à ces Etats Généraux ouverts devant tous les acteurs politiques dans le pays sans exclusion ». Préambule du Rapport de Synthèse des EGD
Le premier Ministre Moulaye Ould Mohamed Lagdhaf a présenté aujourd´hui 6 janvier 2010 sa Déclaration de Politique Générale 2010 aux députés de l´assemblée nationale, soit 24h après la libération des hommes d´affaires impliqués dans l´affaire de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM). Est-ce un hasard ?
Première surprise : aucune allusion n´est faite aux conclusions des Etats Généraux de la Démocratie, comme si le Président de la République voulait faire oublier sa promesse de les appliquer intégralement.
Concernant l´esclavage, la langue de bois est toujours là : on parle uniquement de séquelles et d´anciennes victimes de l´esclavage comme si la loi adoptée en 2007 avait tout réglé.
Ne loupez donc pas l´émission sur Radio Kassataya demain jeudi 7 janvier 2009 à 20h GMT avec comme invité Biram Ould Abeid . Il reviendra sur cette DPG qui insiste bien plus sur la baisse du taux d´inflation de 7,3% en 2008 à 2% en 2009 que sur les droits humains. Rien n´est dit par exemple sur les motifs de prolongation de l´emprisonnement du journaliste Hanevi Ould Dehah qui a fini de purger sa peine depuis le 24 décembre 2009.
SOS DISCRIMINES tout en appuyant le gouvernement dans sa volonté de mettre en oeuvre des « approches de discrimination positive », continuera à se battre pour la valorisation des indices de développement humain qui ont plus de sens dans les pays les moins avancés que les indicateurs macro économiques. Nous recommandons la plus grande prudence dans ce que le Premier Ministre appelle « épuration de l´Etat Civil ». Le terme est franchement très mal choisi pour qui connaît l´histoire récente et douloureuse de ce pays.
On peut se réjouir que le passif humanitaire ne soit pas considéré comme définitivement réglé comme s´en délecteraient certains. Il est dit : « le Gouvernement poursuivra le règlement du passif humanitaire, par la réparation des préjudices, la garantie de conditions de vie dignes et la promotion de l´esprit de tolérance». Malheureusement ou comme d´habitude, il n´y a absolument rien sur le volet justice, on insiste davantage sur le passage en force du pardon des victimes. Jusqu´à quand l´impunité sur les crimes de sang alors que les nouvelles autorités veulent passer maîtres dans la répression des crimes économiques ?
Libérer Hanevi, arrêter de dérouler le tapis rouge à des présumés auteurs de génocide comme le Chef de l´Etat du Soudan, prononcer des peines d´emprisonnement fermes contre des esclavagistes, mettre en place une commission d´enquête indépendante sur les violations des droits humains en Mauritanie, abroger la loi d'amnistie de 1993,...Voilà quelques actes concrets qui honoreraient les nouvelles autorités et grandiraient le pays.
Cette DPG est plate et émousse un peu l´énergie que semble déployer le Président de la République pour un véritable changement et non un simple mouvement de rectification.
Ajouté le 06/01/2010 par SOS DISCRIMINES -

